Et si les effets spéciaux devenaient un métier d'avenir pour tout un continent ? C'est ce que propose Sidney Kombo Kintombo, actuellement Senior supervisor pour Weta Digital, grande agence mondiale d'animation 3D et d’effets spéciaux située en Nouvelle-Zélande. Difficile de manquer les différents posts sur les réseaux sociaux le concernant, tant l’artiste digital surprend par ce métier peu connu sur le continent Africain et son parcours atypique où se mêlent courage, persévérance et grâce.
Depuis 2015, Sidney Kombo Kintombo enchaîne les films à succès, mais aussi les interviews. Il crée sa renommée depuis plus de dix ans, grâce à son génie et son talent pour diriger ses équipes dans plusieurs grands studios de post-production tels que Framestore et Industrial Light and Magic pour ne citer qu'eux.
On lui doit le réalisme de ses personnages de fiction et leurs environnements notamment dans le dernier Avatar, plusieurs films de l’univers Marvel, La planète des Singes, King Kong mais aussi Le Seigneur des anneaux, et bien d'autres films. Un travail déjà reconnu à l'aube de sa carrière dans le cinéma, par deux Oscars en équipe pour les films Gravity en 2014 et The Jungle Book en 2017.
“On n’a aucune manière de savoir dans nos pays d’Afrique centrale, que c’est un métier possible, que c’est une voie possible”
Et c’est bien par “accident”, précise-t-il sur la chaîne d’info TV5 monde que le jeune Congolais de Brazzaville intègre ce milieu qui semble si fermé et élitiste. En effet, Sidney Kombo Kintombo s’était lancé dans des études d’économie mais il y mettra un terme pour suivre sa passion, la bande dessinée. Il s’oriente alors vers des études sur la bande dessinée, découvre par la suite les dessins animés puis les effets spéciaux.
Entre 2008 et 2015, il intègre et se perfectionne au sein de la prestigieuse école d'art à Lyon Emile Cohl Art Academy, et en ressort diplômé.
>“Tout ce que vous voyez bouger, nous le faisons - Ma journée type c’est d’avoir des meetings avec les réalisateurs, des producteurs de différents studios Disney, Warner et tout ça, qui nous disent ce qu’ils voudraient voir visuellement à l’écran. Moi je récupère cette information, le type de mouvement que les personnages devraient avoir. Nous les mettons en place en collaboration avec eux, et après, en fonction de la taille du projet, j’ai une équipe avec laquelle je travaille pour que la mise en place des mouvements, d’un Rocket, d’un Thanos, d’un Iron Man ou Spiderman soit consistante, de manière à ce que l’audience croit que ce qu’il voit est réel, c’est l’image de synthèse.”
“Ne vous y trompez pas, mes frères bien-aimés: toute grâce excellente et tout don parfait descendent d'en haut, du Père des lumières, chez lequel il n'y a ni changement ni ombre de variation.” [Jacques 1 v.16-17 Bible]
Dieu dispose tout en notre faveur pour que s’accomplissent ses desseins pour nous. En effet, rien n’était gagné pour l’artiste du digital qui témoigna avoir peiné à financer ses études. Mais il eut la grâce de rencontrer différentes personnes qui crurent en son talent. En particulier, le directeur de l’école de prestige Emile Cohl Académie, qui lui permit de terminer ses deux dernières années de cursus, gratuitement.
“C’est énormément de travail parce-que j’ai découvert ça à 22 ans, quand tout le monde sait dans les pays occidentaux, que c’est à 13-14 ans que l’on découvre tout ça; mais ça a finalement été une force parce que j’ai grandi en Afrique et cet imaginaire sur les différentes situations, je l’ai développé par rapport à ce que j’ai vu de l’autre côté, ça me rend un peu original dans ce milieu occidental.”
Un projet pour l’Afrique
Conférencier en la matière à travers le monde, Sidney Kombo Kintombo veut initier le mouvement dans son pays d’origine au Congo Brazzaville. Il y a deux ans, il crée une structure et rencontre plus d’un millier de jeunes Congolais via l’invitation du ministre de la culture du Congo Brazzaville. Son but, faire découvrir ce qu’il défend être un métier d’avenir, dans un continent dont la jeunesse est riche, talentueuse, “énergique et exubérante”, toujours plus sensible au progrès technologique.
“Ce que j’espère c’est que politiquement, on arrive à initier dans la tête de nos politiques le fait que c’est un métier viable s’ils permettent à notre jeunesse de pouvoir se former correctement.”
Pour y arriver, trois solutions sont à mettre en place selon lui. L’électricité constante, une bonne connexion Internet, apprendre à parler et comprendre l’Anglais. Rien de bien compliqué semble-t-il, mais hélas, un réel défi dans certains pays du continent Africain qui peinent à assurer l’électricité, entre autres, sans parler du système éducatif très pauvre ou délaissé par les gouvernements.
“Tout est possible à celui qui croit” ! Dieu rend possible les projets d’hommes et de femmes qui croient au potentiel qu’ils on reçu de lui. Au-delà d’être une fierté pour le continent Africain, c’est aussi un sujet de prière afin de voir éclore de tels projets ambitieux, d’autant plus dans des contextes géologiques qui ne semblent pas encore favorables. Mais aussi, en parler afin que de nombreux acteurs de la politique, de l’éducation, de l’art ou autres s’intéressent et soutiennent par des moyens financiers ou par leurs savoirs. Pour ainsi mettre en lumière un continent assoiffé d’émancipation, riche en créativité dans plusieurs domaines artistiques. Qui ne manque pas d’inventeurs autodidactes mais peine à avoir la reconnaissance qu’il mérite, faute de moyens, de finances et d’infrastructure.
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Robert Edition
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