Afin de faire face à la surpopulation carcérale en Angleterre et au Pays de Galles, le gouvernement
britannique envisage de libérer de manière anticipée un certain nombre de détenus, le temps de construire
de nouvelles places. D’ici novembre, les prisons pourraient atteindre leur capacité maximale. Alex Norris, le
ministre de la Justice, a annoncé que le gouvernement britannique était confronté à une crise de capacité
carcérale.
Le dispositif repose sur une législation adoptée sous le gouvernement de Keir Starmer. L’objectif cette année
est de libérer près de 5 000 prisonniers, contre 6 000 estimés initialement. Le programme a été mis en place
en 2024 face à une situation carcérale au bord de l’implosion. Le gouvernement précise que les personnes
condamnées pour viol ou agressions sexuelles sur des enfants ne sont pas concernées. Les détenus éligibles
restent soumis à des restrictions de liberté et, en cas de récidive, seraient à nouveau incarcérés. Cette même
année, le mécanisme d’urgence a déjà été activé à plusieurs reprises : en trois mois et demi, environ 3 000
détenus ont ainsi été libérés.
La population carcérale a fortement augmenté depuis 1990, principalement en raison de l’allongement des
peines. Pour les infractions graves, la hausse atteint 26 % par rapport à 2012. Pour les vols, la durée moyenne
des peines en 2023 s’élevait à 13 mois, soit 36 % de plus qu’en 2012. En France, le taux d’occupation des
prisons dépasse largement la capacité.
David Gauke, ancien ministre de la Justice sous un gouvernement conservateur, et auteur d’une revue
indépendante commandée sous le mandat de Keir Starmer, estime que la prison ne fonctionne pas toujours
de manière efficace. Il se montre plutôt favorable à des travaux d’intérêt général plus rigoureux. L’une de ses
priorités est de mettre fin aux courtes peines de prison. Selon lui, l’augmentation de la population carcérale
s’explique par les politiques successives menées depuis 1990 par les différents partis, qui ont adopté une
approche plus radicale et punitive. Malgré une baisse notable du taux de criminalité, la population carcérale
continue d’augmenter.
Le cas d’Albert Bowers et Jessie Cole illustre les tensions. Condamnés en 2020 à 13 ans de prison pour
homicide involontaire — et non 16 et 13 ans comme annoncé initialement — du policier Andrew Harper, mort
lors de son intervention sur un cambriolage, ils ont un temps été jugés potentiellement éligibles à la mesure
dès janvier. La confusion a provoqué un scandale chez les proches de l’officier, qui ont mené une campagne
soutenue par de nombreux commissaires. La Harper’s Law, adoptée pour imposer la perpétuité en cas de
meurtre d’un membre des secours, a semblé insuffisante à une partie de l’opinion. Les proches ont ensuite
été reçus par le Premier ministre, compréhensif face à leur désarroi. Pour la majorité des internautes, l’idée
de libérations anticipées reste absurde. Du côté des forces de l’ordre, le message est très négatif : il donnerait
le sentiment que les policiers ne comptent pas. Il en va de même pour de nombreuses victimes, les
personnels pénitentiaires et les magistrats.
Pour résoudre le problème, le gouvernement britannique veut augmenter le nombre de places en prison. Il
prévoit de créer près de 14 000 places supplémentaires d’ici 2031. D’autres mesures sont envisagées : la
libération de femmes purgeant de courtes peines, et la recherche d’accords pour expulser les détenus
étrangers vers leur pays d’origine.
La Rédaction
Vestibulum euismod, leo eget varius gravida, eros enim interdum urna, non rutrum enim ante quis metus. Duis porta ornare nulla ut bibendum
Robert Edition
6 minutes ago