Ce scandale ne cesse de faire couler beaucoup d’encre, tant les rebondissements sont nombreux. Nul n’a pu manquer cette info concernant l’écrivain numéro 1 des ventes, Orélien Thélyson. Accusé d’avoir utilisé l’IA à 98% pour rédiger son premier roman de 272 pages, “C’était ça ou mourir”, publié chez Grasset en France et Boréal au Canada. Une œuvre qui relate le voyage périlleux d’un professeur d’histoire haïtien en fuite vers l’Amérique. Dès sa sortie fin août 2026 en France, le roman est un succès commercial, qualifié de bouleversant et extrêmement bien écrit selon les lecteurs et admirateurs. Sans surprise, l’auteur est fraîchement récompensé du prix littéraire Fnac. Pressenti pour remporter le prestigieux prix Goncourt parmi 16 autres écrivains en liste, il est finalement retiré de la course suite au grand scandale de l’utilisation de l’IA. L’opinion publique et professionnelle sont scindées en deux : certains confirment l’accusation, d’autres le soutiennent et dénoncent une propagande raciste visant à le discréditer. D’ailleurs, certains grands prix tels que le Renaudot ou le Femina l’ont encore dans leur liste.
Les deux maisons d’édition ont dénoncé une campagne de haine et des attaques racistes. Elles ont décidé de monter un dossier pour prouver l’intégrité de la rédaction du roman salué. Orélien Thélyson a affirmé avoir commencé son manuscrit bien avant l’essor de l’intelligence artificielle, entre 2017 et 2019. Des ébauches existeraient pour le prouver.
Mais deux aveux viennent peut-être de sceller le sort d’une carrière littéraire qui avait pourtant bien commencé. En premier lieu, vint cette révélation choquante : l’accusation d’utilisation de l’intelligence artificielle par le compte X “Balance ton Claude”. Samuel Fitoussi et son équipe ont utilisé le logiciel IA Pangram, le plus fiable de sa catégorie selon de nombreux utilisateurs de détecteurs de texte rédigé par intelligence artificielle. Leur leitmotiv serait de “dénoncer l’invasion de la bouillie-IA”, mais surtout de discréditer l’auteur, qu’ils qualifient d’imposteur. “Le déni des derniers soutiens du livre de Thélyson Orélien est regrettable”, s’offusquaient-ils auprès des médias.
Cette accusation mena à une enquête qui déboucha sur des faits de plagiat de certains passages de textes, d’articles et de nouvelles publiés au Canada en 2013 et 2017.
Thélyson Orélien avoua effectivement avoir plagié lors d’un récent communiqué transmis à l’Agence France-Presse, relayé sur Info. “J’avais un peu plus de vingt ans, j’étais sans doute un peu trop pressé, sans vraiment mesurer ce que j’avais encore à apprendre. J’ai commis des erreurs inacceptables, malgré la jeunesse et l’inexpérience. Je le regrette profondément et présente mes excuses sans réserve.”
“On dit que C’était ça ou mourir a été rédigé par une intelligence artificielle. C’est une calomnie et une hérésie. J’ai eu recours çà et là à des outils pour des recherches. Mais aucune phrase de ce livre n’a été créée par une machine, pas plus que le sens ou l’ordonnancement d’un récit qui vient de mes tripes”, a-t-il dit dans son texte « Ce roman que j’ai écrit ». “La critique est toujours légitime, mais les menaces, le lynchage médiatique et le harcèlement raciste que je subis depuis des semaines sont insoutenables. Je sais que le passé est capable de susciter des questions légitimes et je ne demande pas qu’on les écarte. Mais une erreur de jeunesse ne peut tenir lieu de preuve contre un roman débuté en 2017 et qui sera finalement publié en 2026.”
En second lieu, survint le clou de la honte. Sa maison d’édition canadienne l’abandonne et l’accuse d’avoir bien utilisé l’IA.
Le 21 octobre, Thélyson Orélien apprend par un communiqué de presse que sa maison d’édition rompt tout contrat avec lui et ne publiera plus aucun de ses ouvrages, en raison des traces d’IA trouvées dans les métadonnées de nombreux fichiers de recherche. Elle accuse l’auteur d’avoir abusé de leur confiance en affirmant ne pas avoir eu recours à l’intelligence artificielle. Bien que cette expertise ne confirme pas une quantité précise de texte généré par l’IA, Orélien Thélyson se voit forcé d’avouer l’utilisation de l’IA, mais seulement à des fins de corrections et de recherches de faits historiques pour son roman. Il dément fermement en avoir eu besoin pour la rédaction de l’histoire. « J’ai toujours aimé la création et l’écriture, je ne vois pas pourquoi je ferais appel à une machine. Je savais que le message que porte ce roman n’allait pas plaire à tout le monde », a-t-il relaté à France Inter.
La mauvaise presse que subit Thélyson Orélien a grandement tourné en sa faveur, mais jusqu’à quand ? Ses soutiens se comptent par milliers, de la France au Canada. Selon les chiffres relayés par le site Clubic, les ventes s’élèvent à plus de 83 713 exemplaires au 11 octobre 2026. En parallèle, les messages de moquerie ne cessent d’acculer l’auteur canadien, qui vivrait un véritable harcèlement et des menaces portant atteinte à sa vie privée et à celle de ses proches.
Un logiciel IA pour détecter… de l’IA
Pangram a été créé en 2023 par deux ingénieurs, un ancien de Tesla et de Google. C’est un outil d’analyse de texte qui détecte et classe des passages probablement rédigés en partie par l’humain, par l’IA, ou entièrement par l’IA. Plusieurs autres logiciels de ce genre existent. Selon plusieurs experts, l’affaire Thélyson Orélien ne relève pas d’une confirmation par le logiciel, mais d’un score de probabilité de ressemblance à une écriture d’IA.
D’autant plus que ces mêmes logiciels ont détecté des écritures similaires à de l’IA dans des œuvres littéraires antérieures à leur création — la Bible, par exemple, jugée à plus de 90% écrite par l’IA, selon plusieurs médias et réseaux sociaux.
L’humanité est donc soumise à un nouveau dilemme dû à la mutation rapide de l’intelligence artificielle : celui où l’IA se dit auteure d’ouvrages pourtant écrits par l’homme, dont elle a appris. Ne devons-nous pas prendre avec des pincettes ces résultats issus de machines aussi fiables qu’elles peuvent l’être ? Car on le constate : une telle accusation peut être dévastatrice dans la vie d’un artiste.
Par ses aveux de plagiat et d’utilisation de l’IA, l’auteur canadien a-t-il mis fin à sa carrière ? Pour conclure, “Au fond, la question n’est pas l’IA ou les humains. La question est de savoir qui pense, décide et assume la responsabilité du texte. Tant que ce sera l’être humain, la littérature restera une création humaine”, a publié Berice Wenshel sur les réseaux. Espérons que la bonne foi de Thélyson Orélien parle en sa faveur auprès des soutiens qui croient en son talent incontesté.
La Rédaction
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Robert Edition
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