Depuis plusieurs mois, l’Afrique du Sud fait face à une vague de manifestations xénophobes. Des militants et des citoyens procèdent à des contrôles d’identité au faciès, souvent dans un climat de grande violence, installant un sentiment de peur chez de nombreux étrangers africains présents sur le territoire.
Pris pour cible, des milliers d’étrangers africains sont pillés, agressés et tabassés. Beaucoup ont été chassés de leur logement, ont vu leurs commerces détruits, et certains ont même perdu la vie. Même dans les hôpitaux, plusieurs se sont vu refuser des soins. Des employeurs Chinois, Indiens, Pakistanais et Bangladais ont également été sommés par des militants de licencier leurs employés étrangers au profit de locaux.
La situation est devenue si préoccupante que des milliers de Malawites se sont regroupés dans des camps de fortune pour fuir les violences. Face à cette insécurité grandissante, plusieurs pays ont commencé à rapatrier volontairement leurs ressortissants : Ghanéens, Nigérians, Mozambicains et Zimbabwéens. “Si le gouvernement ou les Nations Unies ne font pas quelque chose pour nous, on va nous tuer”, témoigne un ressortissant congolais auprès de France 24.
À l’heure actuelle, un ultimatum a été lancé. Le mouvement xénophobe “March to March” et d’autres groupes similaires exigent que tous les étrangers en situation irrégulière quittent le territoire Sud-africain avant le 30 juin.
Face à la montée des tensions, le président Cyril Ramaphosa a pris la parole. Il a rappelé la position ferme de l’État contre l’immigration illégale et annoncé un durcissement de la politique migratoire : renforcement des contrôles aux frontières, contrôle plus strict des embauches et modernisation du système. Près de 2700 étrangers africains auraient déjà été rapatriés ces dernières semaines. Tout en niant l’existence d’une xénophobie d’État, le président a condamné les agissements des groupes de militants qui agissent en toute impunité.
Cependant, ces violences ne visent pas uniquement les immigrés en situation irrégulière. Princess Adjei, une Ghanéenne vivant légalement en Afrique du Sud depuis son enfance, en a fait les frais. Dans un témoignage recueilli par AJ+ Français, cette mère de famille raconte avoir tout perdu du jour au lendemain. Son salon de beauté a été saccagé et pillé à deux reprises par des militants du mouvement “March to March”. Aujourd’hui, elle se retrouve à la rue avec son fils de 14 ans, sans aucun revenu.
Cette crise provoque une vive émotion et une forte incompréhension à travers tout le continent Africain. De nombreuses organisations de défense des droits humains dénoncent le manque de réaction ferme des autorités Sud-africaines face à ces violences.
La Rédaction
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Robert Edition
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